Les adieux commencent.
Hier soir, Khan et moi étions invités à dîner par les proprios du resto de sa soi-disant soeur.
Très sympa.
J'ai d'ailleurs réussi à les faire s'embrasser en public. Ca n'a pas été sans mal...
Et le mari m'a dit que c'était la première fois de sa vie... Je le crois sans peine. Ils sont fous, ces Indiens !
Où l'on apprend que de tous les Kashmiris en ville, Khan est le seul qui trouve grâce aux yeux des Kéralais.
Ce que j'ai pu effectivement constater ces derniers jours.
Et puis, tiens, moi aussi, de tous les copains français qu'ils se font chaque année, je suis vraiment The One.
D'ailleurs l'an prochain, pas question de louer une maison hors de prix, ils me logeront dans un appartement, une chambre... je sais pas, j'ai pas bien
compris. A approfondir.
Parce que là, on est dimanche, et le pasteur fou déblatère depuis des heures, et j'ai la migraine.
Avant-hier, les traiteurs nouveaux-venus du YMCA ont boutiqué toute la nuit à grands coups d'extracteur d'odeur qui me donnaient l'impression de dormir sur
un tarmac dans un concert de chaudrons martelés...
Après ça, je suis passée faire quelques parties de Uno à Fort View.
Ali était de retour, et donc ça a bien rigolé encore...
Anish était en grande forme.
Donc, oui, on est dimanche. Dernier jour.
Je sais pas trop quoi faire de ma peau.
Je passe à la boutique de Khan pour faire mes adieux. Et en fait, j'y passe une grande partie de l'après-midi avec lui, avec le gros moustachu, dont je me
rappelle jamais le nom et qui me bombarde de questions sur la France, mon boulot, et ceci, celà... Je l'aime pas trop, celui-ci... Et puis aussi Amid, qui a un nouvel Iphone, et qui me montre dix
mille vidéos de son fils qui chante tout seul dans la cuisine... C'était sympa. J'ai bu 20 thés, quoi.
Après, c'étaient les adieux à Miss Lily, ma copine proprio.
Elle m'a fait visiter les appartements qu'elle loue. Pas mal.
Et puis il était plus que temps de rentrer car Rémi doit venir récupérer mon vélo, mon linge, mon salon de jardin, mon fer à repasser et ma bouilloire. Je
pensais qu'il viendrait avec un rickshaw.
Que nenni, il se pointe avec un pote sur un scooter.
Je regrette de pas avoir pris de photo, mais ça payait de les voir tous les deux avec la table démontée entre les jambes, tous les paquets en équilibre et
Rémi assis à l'arrière du scoot avec les gros fauteuils sur la tête !!!
Momo est aussi passé récupérer ma lampe de bureau, et boire la ernière bière du frigo...
Il part au Koweit pour deux ans, demain soir...
Adieux.
Razi, mon petit chauffeur m'a téléphoné pour me dire au revoir. Tout triste.
Et dernier dîner avec Khan au clair de lune, sous les cocotiers face à la mer.

Ce resto est décidément super joli avec sa vierge qui accueille le client dans la bambouseraie, et toutes les statues en terre cuite...
Après avoir bouclé ma valise et fait les derniers rangements, j'ai essayé de dormir, mais en vain.
Et à 4 h du matin, le retour à la réalité a été dur : enfiler des bas de contention après avoir passé quasiment trois mois en tongs, c'est
coton...
Johnson était là à l'heure pile. Tout triste. Mais le filou m'a bien eue. Pas très loin de l'aéroport, il m'a demandé de lui faire un cadeau pour mon départ.
Surprise, je dis oui. Et le cadeau, c'était une bise sur la joue...
Ah, ben, toi, tu perds pas le nord, hein.
Du coup, je lui en ai claqué une bonne vieille bien sonore devant tout le monde à l'aéroport. Il était tout content ! SI y a que ça pour faire plaisir !
Sacré Johnson !
Le voyage a été longuet.
A l'aéroport de Delhi, j'ai fait ma maligne.
On fait la queue pour présenter les passeports. Chaque ligne de queue débouche sur des bureaux-guérites où deux mecs tamponnent ton passeport après étude
approfondie (!!!).
Le hic, c'est que ma file débouchait sur un bureau, et que la file d'à côté débouchait sur 4 bureaux...
Tout le monde était excédé. Ca faisiat plus de 3/4 d'heure qu'on poireautait. J'ai interpellé un agent à qui j'ai demandé s'il pouvait pas dévier la file
d'attente sur les autres bureaux. Non.
Les réactions des Indiens dans la file ont été très intéressantes : Ca sert à rien, ils n'écoutent rien, ça fait longtemps qu'on a abandonné, on subit, c'est
tout.
Oui, mais moi, je suis ni Inch'Allah, ni Hare Krishna, alors j'ai carrément interpellé les deux mecs du bureau à côté au grand dam de toute la salle ! Ils
étaient hallucinés.
Et puis, tout à coup, ils ont fait signe à notre file de venir... J'ai eu mes 3 secondes de célébrité à l'aéroport de Delhi.
Quand je me suis présentée au guichet, ils étaient morts de rire en me voyant...
Voilà...
Le vol de jour, c'est super beau.
On survole les déserts du Rajasthan, les chaînes de montagnes enneignées du Pakistan, de l'Afghanistan, et puis quand ça devient nuageux, gris et moche, on
sait qu'on n'est pas loin...